Il va valoir penser à vendre les 2CV et non plus seulement à les distribuer aux consommateurs fous d’impatience

En  novembre 1965, à Paris en haut des escaliers du pavillon des Arts décoratifs, une grand-mère tricote dans sa 2CV portières ôtées et accueille les visiteurs de l’éblouissante exposition consacrée à la publicité Citroën.

 

 On est bien loin de ce minuscule dépliant de 1948 avec simplement 4 photos.

                    

Que s’est il passé ? Fin 1960, Citroën a produit au total prés d’un million de 2CV berline et fourgonnette. Les délais d’attente s’amenuisent, il va valoir penser à vendre les 2CV et plus seulement à les distribuer à des consommateurs fous d’impatience.

On sait d’autre part que la Régie Renault va sortir en 1961 une redoutable concurrente. La R4, dont les commentateurs diront qu’elle est plus que largement inspirée de la 2CV jusqu’aux sièges et à la boule du levier de changement de vitesse.

Dans les années 60, le style de communication de la maison va changer du tout au tout. Un jeune surdoué culturel au patronyme occitan, Claude Puech, est chargé par le nouveau PDG, Pierre Bercot, de rénover la publicité selon le souhait des commerçants, tandis qu’un jeune journaliste venu de l’est de la France, Jacques Wolgensinger, reçoit mission de créer un service d’information efficace. Ensemble, ils vont donner un langage à la marque. Puech rencontre Robert Delpire, un ex-étudiant en médecine converti à l’édition et à la publicité, extraordinaire directeur artistique, doté d’un goût infaillible et d’un sens inné des images et de la mise en pages. 

Une équipe est née : Puech lance les idées, Wolgensinger écrit les textes, Delpire fait le reste ; ils s’entourent pour cela de graphistes internationaux de talent  

                       

Ils élaborent pour la 2CV un nouveau langage plein d’humour et d’élégance. Ils ont su déceler la spécificité de la 2CV et travaillent à développer dans le public la connaissance de ces différences qui lui confèrent cette personnalité si particulière.

Dans le dépliant ‘’ Liberté ‘’ bourré d’astuces graphiques est lancé un slogan qui fera fortune parce qu’il est vrai :

Plus qu’une voiture … c’est un style de vie

Dans la joie de vivre, la 2CV épouse l’air de son temps, celui des Beatles, du Rock and Roll et des hippies. Le temps heureux et insouciant d’une forte croissance économique mais bientôt aussi de son anti-thèse, la contestation de la société de consommation.

Les jeunes de 68 renient l’automobile mais pas la 2CV